En 1983, la Commission européenne a financé des recherches sur les préférences sensorielles d’apprentissage, désormais connues sous l’acronyme VAKOG. Pourtant, dès la fin des années 2000, plusieurs revues scientifiques internationales ont alerté sur l’absence de corrélation significative entre ces préférences et l’efficacité des apprentissages.
En France, certaines écoles et cabinets continuent de recommander l’usage de VAKOG, malgré la multiplication des études réfutant sa validité. Les recommandations officielles en psychologie de l’éducation évoluent, tandis que le recours à ce modèle persiste dans de nombreux cursus de formation professionnelle.
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VAK, un modèle séduisant mais controversé : ce que disent vraiment les recherches récentes
Le modèle VAKOG, visuel, auditif, kinesthésique, olfactif, gustatif, occupe encore une place singulière dans les pratiques de communication et de programmation neuro-linguistique (PNL). Selon ses promoteurs, cerner le canal sensoriel dominant, visuel, auditif ou kinesthésique, permettrait de transmettre un message plus efficacement, d’ajuster son discours, parfois même d’accélérer l’apprentissage. Cette promesse, directe et séduisante, continue d’attirer de nombreux professionnels.
Mais l’enthousiasme se heurte à la rigueur des analyses scientifiques publiées depuis une quinzaine d’années. Les résultats attribués au VAKOG relèvent fréquemment d’un biais de confirmation : on voit ce qu’on veut voir, et l’effet réel sur l’apprentissage reste insaisissable. Les chercheurs soulignent que le modèle, qui structure certains échanges, n’a jamais fait la démonstration de sa supériorité dans l’accompagnement pédagogique ou thérapeutique.
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Du côté de la PNL, dont le VAKOG demeure l’un des piliers historiques, on trouve d’autres outils, ancrage, synchronisation, recadrage. Leur efficacité varie, selon les situations, selon la personne. Beaucoup de praticiens, désormais, optent pour une utilisation nuancée : le VAKOG devient un simple repère d’observation, et non un principe gravé dans le marbre.
Voici ce qui ressort, concrètement, des travaux les plus récents et de l’évolution des pratiques :
- VAKOG structure l’analyse, mais ne permet pas de prédire le succès d’une intervention ou d’un accompagnement.
- Identifier le canal sensoriel dominant sert d’hypothèse de travail, jamais de garantie absolue.
- Les approches qui intègrent la diversité des canaux de communication bénéficient d’une reconnaissance grandissante.

Explorer des alternatives fondées sur la science pour mieux accompagner les apprentissages
La diversité des profils d’apprentissage amène aujourd’hui les professionnels de la formation à renouveler leurs outils. Plutôt que de rester focalisés sur le VAKOG, beaucoup s’orientent vers des méthodes éprouvées, dont l’efficacité s’appuie sur des bases scientifiques solides. L’écoute active, théorisée par Carl Rogers, s’impose comme un point d’appui : elle mobilise empathie, authenticité et regard positif inconditionnel. Résultat : un cadre où chacun peut exprimer ses besoins, et où les solutions se construisent ensemble.
Ce socle relationnel s’accompagne de démarches structurées. Prenez les formations proposées par l’association Ikigaï : enseignants, AESH, parents s’y retrouvent pour se former à la communication adaptée, à l’observation fine des besoins, à la gestion des émotions, ou encore à l’usage d’outils issus de la psychologie positive et de la pédagogie Montessori. Ces programmes s’adressent en priorité aux enfants présentant un trouble du neurodéveloppement, dont l’autisme,, situations où l’inclusion scolaire impose une adaptation permanente des pratiques.
La PNL trouve toujours sa place dans certains modules, mais l’approche ne se limite plus au VAKOG : ancrage, recadrage, calibration, métaphores élargissent la boîte à outils. Les intervenants spécialisés, comme Julia Midelet, Laurence Pierson ou Murielle Ledesma, privilégient une méthode transversale : la prise en compte des particularités sensorielles s’articule désormais avec la valorisation des compétences psychosociales.
Dans ce contexte, plusieurs axes complémentaires émergent :
- Allier psychologie positive et pédagogie Montessori pour renforcer l’autonomie et la confiance des enfants ayant des besoins spécifiques.
- Miser sur la communication non verbale, l’observation des micro-expressions et la posture de l’adulte pour favoriser concrètement l’inclusion.
À l’heure où la formation professionnelle s’ouvre à de nouveaux horizons, la boîte à outils des praticiens ne cesse de se diversifier. Miser sur des approches nuancées, s’appuyer sur la recherche et rester attentif à l’individualité de chacun : voilà ce qui distingue, aujourd’hui, les accompagnements qui font la différence. Le VAKOG, relégué au rang d’indice, laisse la voie libre à des pratiques plus souples, plus humaines, et, surtout, mieux ancrées dans la réalité du terrain.

