Les verbes en -ir du 3ème groupe regroupent tous les verbes en -ir dont le participe présent ne se termine pas en -issant. Partir donne « partant », pas « partissant » : c’est un verbe du 3ème groupe. Finir donne « finissant » : c’est un verbe du 2ème groupe. Cette distinction est le point de départ pour comprendre pourquoi la mémorisation exhaustive de ces verbes pose problème.
Verbes en -ir du 3ème groupe : pourquoi la conjugaison résiste à la logique
Au 1er et au 2ème groupe, les terminaisons suivent un schéma prévisible. Un verbe du 1er groupe en -er se conjugue comme « chanter ». Un verbe du 2ème groupe en -ir suit le modèle de « finir », avec l’intercalaire -iss- au pluriel du présent de l’indicatif.
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Les verbes en -ir du 3ème groupe ne fonctionnent pas ainsi. Leur radical change selon les temps et les personnes. « Venir » donne « je viens » au présent, « je venais » à l’imparfait, « je viendrai » au futur. Le radical passe de « vien- » à « ven- » puis « viendr- ».
Cette modification du radical selon le temps est la vraie difficulté. Les terminaisons elles-mêmes (-s, -s, -t, -ons, -ez, -ent au présent de l’indicatif) sont souvent les mêmes que pour les autres verbes. Le problème n’est pas la terminaison, c’est la base sur laquelle on l’accroche.
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Familles morphologiques des verbes en -ir : apprendre par modèles
Les manuels de français publiés après 2020, en langue maternelle comme en langue étrangère, ont abandonné la liste alphabétique au profit d’un classement par familles morphologiques. Le principe : maîtriser un verbe modèle permet de conjuguer tous ses dérivés.
Le modèle « venir » et ses composés
Venir, devenir, revenir, parvenir, intervenir, prévenir suivent exactement le même schéma de conjugaison. Les terminaisons au présent de l’indicatif sont identiques : je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, ils viennent. Le radical alterne entre « vien- » (singulier) et « ven- » (pluriel).
Apprendre « venir » une seule fois couvre donc une demi-douzaine de verbes courants. Le même raisonnement s’applique à « tenir » et ses composés (retenir, maintenir, obtenir, soutenir).
Le modèle « partir » et les verbes en -tir, -mir, -vir
Partir, sortir, mentir, sentir, dormir, servir partagent un trait : le radical perd sa consonne finale au singulier du présent. « Partir » donne « je pars » (le -t- disparaît), « dormir » donne « je dors » (le -m- disparaît). Au pluriel, la consonne revient : nous partons, nous dormons.
Le modèle « ouvrir » et les verbes à terminaison du 1er groupe
Ouvrir, offrir, souffrir, couvrir, découvrir sont des verbes en -ir du 3ème groupe qui se conjuguent au présent comme des verbes du 1er groupe : j’ouvre, tu ouvres, il ouvre. Les terminaisons -e, -es, -e remplacent le -s, -s, -t attendu. C’est une exception à retenir, mais elle concerne un groupe restreint et cohérent.
Trois modèles, trois logiques de radical, et la majorité des verbes en -ir du 3ème groupe utilisés au quotidien sont couverts.
Liste des verbes en -ir fréquents à mémoriser en priorité
Les corpus de fréquence montrent que la plupart des verbes en -ir du 3ème groupe peu fréquents apparaissent rarement dans les textes lus au primaire et au collège. Consacrer du temps à mémoriser « défaillir » ou « assaillir » n’a pas le même rendement qu’apprendre « venir » ou « partir ».
Les verbes à travailler en priorité :
- Venir, tenir et leurs composés (devenir, revenir, retenir, obtenir, parvenir) : ils apparaissent dans tous les types de textes, du récit au compte-rendu
- Partir, sortir, dormir, sentir, servir, mentir : verbes d’action quotidienne, présents dès les premiers niveaux de lecture
- Ouvrir, offrir, couvrir, souffrir, découvrir : leur conjugaison atypique au présent (terminaisons en -e) mérite un apprentissage spécifique
- Mourir, courir, acquérir : trois verbes isolés dont le radical change de façon unique (je meurs/nous mourons, je cours/nous courons, j’acquiers/nous acquérons)
Maîtriser ces verbes couvre la grande majorité des situations d’écriture rencontrées jusqu’au lycée.
Méthode d’apprentissage : production écrite plutôt que récitation
Les retours d’expérience d’enseignants en collège signalent que les élèves qui travaillent les verbes du 3ème groupe via des activités de production écrite et orale contextualisées retiennent mieux la conjugaison que ceux qui récitent des tableaux.
Conjuguer « venir » dans une phrase inventée (« Mon cousin revient de Lyon demain ») mobilise le radical, la terminaison et le sens du verbe en même temps. La récitation d’un tableau (je viens, tu viens, il vient…) ne sollicite que la mémoire séquentielle, sans ancrage sémantique.
Une approche efficace combine trois étapes :
- Identifier la famille morphologique du verbe (est-ce un composé de « venir », de « partir », d’« ouvrir » ?)
- Vérifier le schéma de modification du radical au présent de l’indicatif, puis à l’imparfait et au futur
- Produire trois phrases personnelles utilisant le verbe à des temps composés (passé composé avec l’auxiliaire être ou avoir, plus-que-parfait) pour fixer aussi le participe passé
Cette méthode fonctionne particulièrement bien pour les temps composés, où l’erreur porte souvent sur le choix de l’auxiliaire (« je suis venu » mais « j’ai couru ») autant que sur la forme du participe passé.

Verbes en -ir rares et irréguliers : quand les consulter plutôt que les mémoriser
Certains verbes en -ir du 3ème groupe n’apparaissent que dans des contextes littéraires ou juridiques. Férir (dans « sans coup férir »), quérir, gésir ne se conjuguent même plus à tous les temps. Les grammairiens les qualifient de verbes défectifs : leur conjugaison est incomplète.
Pour ces verbes, la stratégie la plus raisonnable est la consultation ponctuelle d’un dictionnaire de conjugaison plutôt que la mémorisation. Savoir qu’ils existent et reconnaître leur famille suffit pour les retrouver quand le besoin se présente.
Apprendre par coeur tous les verbes en -ir du 3ème groupe n’est donc ni réaliste ni utile. Une vingtaine de verbes fréquents organisés par familles couvre l’écrasante majorité des besoins en conjugaison. Le reste relève du dictionnaire, pas de la mémoire.

