34 965 : c’est le nombre, à la virgule près, de communes sur le sol français. Un chiffre qui en dit long sur la complexité de l’organisation territoriale, bien plus qu’un simple découpage administratif. Pour appréhender les rouages de notre démocratie locale, il faut se pencher sur les différents types de collectivités territoriales. Chacune d’elles joue un rôle déterminant dans la vie quotidienne, la gestion des services de proximité, et le développement du territoire. Au cœur du système, quatre grandes familles se distinguent : communes, départements, régions, et établissements publics de coopération intercommunale.
Chaque niveau de collectivité agit sur des champs bien définis, du soutien à l’action sociale jusqu’à la gestion des écoles ou des transports. Comprendre ces spécificités, c’est se donner les moyens de saisir les enjeux locaux et de participer, en connaissance de cause, à la vie publique.
Les communes
Première brique de l’édifice, la commune incarne la proximité. Avec plus de 34 000 entités, elle structure la vie locale, de la grande métropole jusqu’au plus petit village. Le conseil municipal, élu tous les six ans, en assure la gouvernance, sous la houlette d’un maire qui tient à la fois les rênes de l’exécutif local et la représentation de l’État sur place.
Compétences et responsabilités
Les communes gèrent un éventail de missions concrètes qui touchent au quotidien :
- Gestion des services publics de proximité : écoles primaires, bibliothèques, voirie, eau potable, assainissement.
- Urbanisme et aménagement : délivrance des permis de construire, pilotage du plan local d’urbanisme (PLU).
- Action sociale : accompagnement des personnes en difficulté, gestion des centres communaux d’action sociale (CCAS).
- Sécurité locale : encadrement de la police municipale, actions de prévention contre la délinquance.
Ressources financières
Pour mener à bien ces missions, les communes s’appuient sur une combinaison de financements : impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation), dotations de l’État et subventions spécifiques. Ces fonds alimentent à la fois les services publics du quotidien et les grands projets d’aménagement.
Évolution et intercommunalité
Face à la complexité croissante des enjeux et à la recherche d’efficacité, les communes se tournent de plus en plus vers l’intercommunalité. Les communautés de communes et d’agglomération constituent des espaces de coopération, permettant d’unir leurs forces pour des projets plus ambitieux, sans pour autant diluer l’identité propre de chaque commune. Ce mouvement favorise une meilleure gestion des ressources, tout en maintenant une gouvernance à taille humaine.
Les départements
Le département, niveau intermédiaire de l’administration française, occupe une place centrale entre la commune et la région. Créés à la Révolution, les départements sont aujourd’hui au nombre de 101, y compris en outre-mer. Un conseil départemental, élu pour six ans, pilote leur action, sous la présidence d’un élu local.
Compétences et missions
Le département concentre ses efforts sur le champ social et éducatif, mais aussi sur les infrastructures structurantes. Ses missions couvrent :
- Accompagnement social : gestion de l’aide à l’enfance, des personnes âgées et handicapées, versement du RSA.
- Enseignement : construction, entretien et gestion des collèges publics.
- Réseaux routiers : entretien des routes départementales, transports scolaires.
- Soutien au développement local : accompagnement des projets de territoire, initiatives économiques.
Ressources financières
Pour remplir leur feuille de route, les départements mobilisent plusieurs leviers :
- Dotations de l’État, qui compensent notamment les compétences transférées.
- Ressources fiscales comme la taxe foncière sur les propriétés bâties et les droits de mutation.
- Recours à l’emprunt pour financer les chantiers d’infrastructures majeurs.
Évolution et perspectives
Le paysage départemental s’adapte en permanence. La loi NOTRe de 2015, par exemple, a consolidé leur rôle dans les solidarités humaines et territoriales. La collaboration entre départements et autres collectivités se révèle décisive pour garantir un service public cohérent et adapté aux nouveaux défis, qu’il s’agisse du vieillissement de la population ou de la transition écologique.
Les régions
Au sommet de la pyramide territoriale française, la région s’impose comme le chef d’orchestre du développement économique et de l’aménagement du territoire. Depuis la réforme de 2015, la France compte 13 régions métropolitaines et 5 régions d’outre-mer. Chacune est pilotée par un conseil régional élu pour six ans.
Compétences et missions
Les régions interviennent sur des compétences stratégiques :
- Développement économique : appui aux entreprises, soutien à l’innovation, formation professionnelle.
- Aménagement du territoire : planification, gestion des transports régionaux, protection de l’environnement.
- Éducation : gestion des lycées, orientation des jeunes vers les filières adaptées.
- Culture et sport : financement des équipements culturels, accompagnement des projets sportifs.
Ressources financières
Pour mettre en œuvre leurs politiques, les régions disposent :
- Des dotations de l’État, destinées à accompagner les transferts de compétences.
- De la fiscalité locale : taxe sur les cartes grises, cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
- D’emprunts et de fonds européens, notamment pour les projets de grande ampleur.
Évolution et perspectives
La réorganisation territoriale a renforcé la capacité des régions à coordonner les politiques publiques et à optimiser les ressources. Elles jouent désormais un rôle pivot dans la transition écologique, la mobilité, ou encore la compétitivité économique. Cette dynamique s’accompagne d’une collaboration étroite avec les autres collectivités pour une action publique plus efficace et adaptée aux mutations de la société.
Les établissements publics de coopération intercommunale
Impossible aujourd’hui d’évoquer l’organisation territoriale sans parler des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Ces structures ont vu le jour pour permettre à plusieurs communes de mettre en commun leurs moyens et de porter ensemble des projets dépassant le simple cadre communal. Mutualisation, efficacité, innovation : tels sont les maîtres-mots.
Types de structures
Les EPCI se déclinent en plusieurs formes, chacune adaptée à une réalité démographique ou territoriale :
- Communautés de communes : elles regroupent des territoires ruraux ou semi-ruraux pour booster le développement local.
- Communautés d’agglomération : réservées aux ensembles urbains de plus de 50 000 habitants autour d’une ou plusieurs villes-centres.
- Communautés urbaines : elles fédèrent des zones urbaines à partir de 250 000 habitants.
- Métropoles : ces entités couvrent les plus grandes agglomérations, avec des compétences élargies et un pouvoir renforcé.
Compétences et missions
Transfert de compétences : tel est le principe fondateur. Voici les principaux domaines où les EPCI interviennent :
- Aménagement de l’espace : élaboration de schémas de cohérence territoriale (SCOT), plans locaux d’urbanisme.
- Développement économique : création de zones d’activités, accompagnement des entreprises locales.
- Environnement : gestion des déchets, préservation des ressources naturelles.
- Équipements et services : gestion des infrastructures sportives, culturelles, éducatives.
Ressources financières
Pour soutenir leur action, les EPCI s’appuient sur plusieurs ressources :
- Dotations de l’État, pour accompagner les compétences transférées et les projets structurants.
- Fiscalité propre, notamment la taxe d’habitation et la taxe foncière.
- Possibilité de recourir à l’emprunt pour financer des projets ambitieux.
Les EPCI s’imposent ainsi comme des leviers de gestion territoriale intégrée, capables de faire face aux nouveaux défis de la vie locale. Mutualiser, coordonner, innover : les mots d’ordre d’une coopération intercommunale qui gagne en influence, partout où la taille critique et la force du collectif font la différence.


